Quand le soleil se cache derrière les nuages, il croit qu’on ne le voit plus… Un peu comme les enfants qui masquent leur visage avec leurs petites mains, les plongeant eux seuls dans un monde d’ombre. Ou bien ceux, un peu plus grands, qui utilisent maladroitement les rideaux du salon pour tenter de se camoufler. Les grands ne sont pas dupes, mais sourient tendrement en entrant dans leur jeu.
Un jour de météo variable, je décide de rentrer dans le jeu des nuages, qui au détour de leur course légère se font attraper en flagrant délit de complicité avec le soleil. Cela donne lieu à des scènes contrastées, subtiles et fugaces. C’est doux de se laisser émerveiller par ce spectacle où le soleil s’associe avec le vent pour habiller les nuages de passage d’un duvet doré.
J’aime bien qu’une photo raconte une histoire, sinon elle n’a aucun intérêt. Durant cette session, j’ai fait plusieurs photos mais j’ai retenu celle-ci parce qu’il y a deux nuages dorés, comme deux personnages, qui interagissent. C’est ce qui rend l’image intéressante. Ce n’est certes pas la photo du siècle, mais je m’arrête toujours dessus quand je parcours mes clichés à la recherche d’une image à vous partager.
Quand j’étais enfant, on m’a souvent dit que j’avais la tête dans les nuages. Si cette photo vous rappelle la légèreté de l’enfance et qu’elle vous transporte ne serait-ce qu’un bref instant vers quelques cimaises célestes, je n’aurais pas tout à fait perdu mon temps. L’enfance reste une source et le rêve un indispensable et merveilleux moteur de projet.