Mauvais rêve
Il était une fois la mer et puis l’horizon, Vaste champ des possibles, terrain d’imagination, Plage de liberté, espace de création, Et puis de rires, de courses folles et de chansons…
Il était une fois la mer et puis l’horizon, Vaste champ des possibles, terrain d’imagination, Plage de liberté, espace de création, Et puis de rires, de courses folles et de chansons…
Aucune intelligence artificielle dans cette photo ! Pourtant elle montre une scène qui n’existe pas dans le réel, en tout cas une scène que notre œil ne peut pas capter sans le truchement de l’appareil photographique. Réaliser une photographie de paysage c’est accepter une rencontre en profondeur…
Il y a des jours et des lieux où nos repères changent. L’horizon dégringole, le soleil se prend pour la lune, la neige s’assombrit et les nuages s’habillent en carnaval. Les arbres devenus de simples silhouettes, l’ombre d’eux-mêmes, des figurants inertes, se muent en témoins résignés d’une scène inhabituelle qui se joue.
C’est un geste aussi ancien que l’humanité. Notre regard se porte vers ce qui nous dépasse. Certains y trouvent simplement le temps qu’il va faire, ou s’y immergent pour faire corps avec la nature, aspirent à y déceler des signes, à y ressentir le divin. D’autres y voient une métaphore de la liberté, une quête existentielle, un chemin vers l’infini. Le ciel est plein de questions, nous ne cessons d’y chercher des réponses.
Combien de fois le soleil s’est-il niché entre les colonnes de ce temple grec ? Combien d’années le ciel bleu a-t-il servi d’écrin à ce trésor architectural ? Combien d’admirateurs ce dernier a-t-il vu passer sous ses pierres millénaires ? Combien de lustres va-t-il encore témoigner de son temps et de sa splendeur ?
Quand le soleil se cache derrière les nuages, il croit qu’on ne le voit plus… Un peu comme les enfants qui masquent leur visage avec leurs petites mains, les plongeant eux seuls dans un monde d’ombre. Ou bien ceux, un peu plus grands, qui utilisent maladroitement les rideaux du salon pour tenter de se camoufler. Les grands ne sont pas dupes, mais sourient tendrement en entrant dans leur jeu.
Je ne sais pas si, inconsciemment, la situation politique inquiétante de notre pays m’a soufflé le choix de l’image de la semaine… Elle s’est naturellement imposée à moi. Elle reflète sans doute un peu le climat délétère qui règne aujourd’hui.
Cet après-midi d’octobre 2016, j’arpentais les valons du Ternois à la pêche aux images. Au sortir d’un bosquet, je l’ai vu au loin. Il a immédiatement aimanté mon regard. Silhouette sombre sur un ciel tourmenté, il semblait monter la garde. La pluie s’éloignait. Lui demeurait, fier d’avoir surmonté les assauts de l’orage. Plus qu’un arbre, il m’apparut comme un personnage.
La scène se passe dans les jardins de l’Alcazar à Séville. J’ai tout de suite été saisi par son graphisme. Un palmier sur fond de ciel bleu barré par la trace de passage d’un avion… Voilà une photographie qui aurait pu faire la couverture d’un catalogue d’agence de voyage ou d’une compagnie aérienne il y a 20 ou 30 ans. Mais aujourd’hui, qu’en est-il ?