Une image de la Côte d’Opale. Comment ne pas penser au poème de Paul Eluard :
« Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom
…
Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom
… »
Ce soir-là mon âme se montrait vagabonde. La mer était basse et le soleil plongeait. Je connais le lieu par cœur, mais je sais aussi qu’il se métamorphose rapidement à la faveur d’un nuage, d’une brise, d’une vague, d’un reflet…
Ou bien d’un oiseau.
Il est arrivé du sud de la plage. Je l’ai suivi dans mon viseur, balayant le couchant. Et puis, quand sa position dans le cadre m’a plu, quand ses ailes ont dessiné le « V » de victoire, j’ai déclenché. C’est plus long à expliquer qu’à réaliser. C’est du domaine du ressenti et c’est très fugace.
Un instant en phase avec mes pensées d’alors.
Un instant recueilli au coucher du soleil
Un instant grappillé à des battements d’ailes
Devenir un oiseau ailleurs que dans un rêve
S’envoler, quitter le sol comme pour une trêve
Gagner le bleu du ciel poussé par le soleil
Puis contempler la terre, la mer et leurs merveilles
Liberté.
Ce mot titre, ce mot imaginé, ce mot emprunté mais tellement rêvé qu’il est devenu nôtre, comme il est fragile. Encore plus aujourd’hui quand on entend le bruit des bottes ! Ce mot qui vient du plus profond de notre être et de notre âge, qui nous fait vivre, aimer, grandir et espérer… Prenons garde à ne pas voir s’abîmer ses lettres dans la tourmente.