Quand je me suis intéressé sérieusement à la photographie, au début de mon adolescence, il y avait des noms qui me faisaient rêver parce qu’ils étaient associés à des expéditions incroyables, au dépassement de soi, à l’approche de sites inatteignables pour le commun des mortels. Ainsi, le nom de Pierre Tairraz propulsait tout un public vers la beauté des sommets et des aventures humaines extraordinaires.
Pierre Tairraz est le quatrième d’une lignée de guides photographes de la Vallée de Chamonix. Il est parti en expédition, entre autres avec Gaston Rébuffat, Roger Frison-Roche et le volcanologue Haroun Tazieff pour illustrer leurs ouvrages.
A l’époque ils n’étaient pas nombreux à escalader les sommets pour immortaliser des sites remarquables et les exploits des alpinistes. Pierre Tairraz fait partie de ceux-là. Il a participé à vulgariser sa passion de la montagne et à documenter l’histoire de la conquête des plus hauts sommets.
En découvrant la Mer de Glace, j’ai pensé à lui et à ses photographies mythiques. Alors, depuis le Montenvers, j’ai photographié l’aiguille du Dru, que j’ai traitée en noir et blanc, bien sûr. Le cliché ne rivalise pas avec ceux de Pierre Tairraz, ce n’est pas du tout le but. C’est simplement un clin d’œil à un artiste de qui j’ai croisé l’œuvre il y a bien longtemps et que je désirais saluer.
La montagne nous apprend le respect. Nous saluons toujours les personnes que nous croisons, elles ont toutes quelque chose à nous apprendre.
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Aiguille du Dru – 24 mars 2026