L’automne file à toute berzingue.
Bientôt le froid va éteindre complètement l’or des feuilles, figer les fines ramures et la mousse délicate dans un sommeil glacé.
La nuit s’allonge comme un linceul implacable, réduit nos visites à la nature, nous pousse à la mélancolie.
L’automne file à toute berzingue,
C’est dingue !
C’est l’heure des souvenirs, des rêves passés éclairés de pourpre, des heures écoulées trop vite sans qu’on ait pu les compter.
C’est l’heure des souvenirs, ceux d’un ami parti avec la chute des dernières feuilles, qui nous laisse au fond de l’âme une déchirure brûlante.
C’est l’heure des souvenirs, du chagrin que l’on tente d’apprivoiser, des images gaies que l’on aspire à figer.
C’est l’heure des souvenirs, des coups de blues et des éclats de rire,
C’est l’heure des souvenirs, témoins intimes d’une vie qui s’étire.
Comme les feuilles tombées ils s’accumulent,
Comme les feuilles tombées ils préparent un printemps,
Comme les feuilles tombées ils font un tapis qui tient le sol au chaud et entretient l’espoir.
L’automne n’est pas triste, c’est un moment à passer,
Un peu de dormance, un peu de patience.
L’automne n’est pas triste, c’est un passage obligé,
C’est une latence, c’est une chance,
Un marchepied pour l’hiver, un cadeau pour la terre
Qui va se régénérer.
L’automne n’est pas triste, c’est une pharmacopée,
Une potion pour l’hiver, une cure nourricière
Qui va nous rafistoler.
L’automne n’est pas triste, il s’en est presque allé,
L’automne file à toute berzingue,
C’est dingue !
A Claude