La nature est ma cathédrale préférée. La canopée des forêts constitue sa voûte, le tronc des grands arbres ses piliers, la clairière inondée de soleil son chœur, les gouttes de rosée son eau baptismale, et les feuilles illuminées de lumière des vitraux naturels qui s’animent au souffle de son esprit.
Peut-être le bruissement des feuillages est-il une prière !
Entrer dans une forêt est toujours une cérémonie. Tous nos sens sont sollicités. Pour le photographe, c’est une mine. En automne une mine d’or.
Je me promène le nez en l’air lorsque, sous un rayon de lumière, je découvre ces feuilles de hêtre habillées par novembre. Ni une, ni deux, je me laisse séduire par leur robe dorée qui se découpe sur le bleu du ciel. J’attends une accalmie de la brise et les emprisonne sur ma pellicule… numérique. C’est le genre de photo faite à l’instinct, sans réfléchir. La scène s’est présentée à moi, je l’ai saisie et elle est devenue vitrail.
Tous les vitraux racontent une histoire. L’histoire de ce vitrail-là, c’est la nature qui l’a écrite. Je ne l’ai pas décryptée. Je sais simplement que j’aime regarder cette photographie.