Ce matin-là, la plage est un peu comme la neige fraiche, une étendue immaculée où l’on peut marquer son passage. C’est un jeu qui nous rappelle l’enfant que nous étions et que nous sommes tous un peu restés. Des marques de pas sur le sable pour imprimer notre chemin et revisiter notre enfance. Notre espace et notre histoire sont intimement liés par nos traces.
Alors bon voyage dans l’espace-temps !
Ce jour de février 2019, la plage de Berck est quasiment vide de monde. L’air est glacial, plus vivifiant que d’habitude et la mer n’en finit plus de descendre. Je suis attiré par une sortie de bâche (baïne dans le sud-ouest) de laquelle l’eau s’est retirée, montrant des traces de pas dessinées sur le sable. En m’approchant je m’aperçois que ces traces ne sont pas laissées au hasard, mais résultent plutôt d’un jeu d’enfant.
Pour la saison, le soleil est déjà haut dans le ciel. Les ombres dures et les reflets presque aveuglants dessinent une scène contrastée très graphique. Alors je saisis l’instant présent marqué par la fantaisie passée d’un enfant. Signal de départ pour un voyage intérieur. Le noir et blanc rend mieux cette dimension et l’enracine dans l’histoire.
Bien sûr ce ne sont pas les traces de Neil Armstrong laissée sur la lune le 21 juillet 1969. Ce sont celles d’un enfant qui s’amusait, la tête dans les étoiles… de mer !
Marquer son empreinte est dans la nature de l’Homme.