Arras, vendredi 20 novembre 2015, 19 heures. Devant l’Hôtel de Ville, débute une cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de la semaine passée. La Grand-Place, habituellement animée par l’effervescence des passants et des promeneurs, s’habille de silence et de cohésion.
Des personnes de tous âges et de toutes origines se répartissent naturellement autour de la place. Les gens se saluent d’un sobre hochement de tête même s’ils ne se connaissent pas. Les visages sont tristes, sur certains des larmes coulent. Des mains se serrent et des épaules se collent pour se réconforter, pour se souder.
Tous ces anonymes ne sont pas une foule mais un peuple uni autour d’une place qui n’est vide qu’en apparence. En réalité, ce vide laissé par les victimes est habité par leur souvenir. Les reflets des bougies déposées çà et là en hommage brillent sur les pavés. Pas de paroles, un silence respectueux, harmonieux.
Après quelques minutes, quand tout le monde se disperse par petits groupes, les mots ont du mal à revenir. Dans nos têtes tout s’entrechoque encore. Les images de la barbarie, le désespoir des proches, la peur qui s’installe et, face à l’indicible, ce recueillement qui apaise. Un peu.