Il y a des images qui s’imposent. Celle-ci s’est imposée deux fois.
La première fois, lors de la prise de vue, en mai 2015.
Dans le « Jardin des deux Rives », côté allemand, tout près de la très belle « Passerelle Mimram », passerelle à haubans enjambant le Rhin, la statue de Josef Fromm « Rencontre » a été érigée pour symboliser l’amitié franco-allemande.
Un beau sujet. Alors je tourne autour, cherchant un angle intéressant qui mette en valeur l’œuvre et sa symbolique. Soudain, deux enfants surgissent derrière les deux personnages et miment leur accolade en riant. Je déclenche spontanément. Un moment rare où le symbole allume la vie, dessine un avenir positif. Merci monsieur Fromm. A leur façon les enfants se sont emparés de l’œuvre, donnant à l’image une force incroyable.
J’ai traité cette image en noir et blanc car la couleur n’apporte rien à son sens et devient donc superflue. Le format carré participe également à sa dynamique en faisant ressortir le côté « image dans l’image » où les enfants disposent de leur propre cadre.
Cette photo, qui a presque dix ans, est venue compléter la petite collection d’images que j’aime. Elle aurait pu demeurer le simple souvenir où cet instant magique a croisé mon regard, provoqué mon déclenchement, et écrit un espoir, voire une espérance. C’était sans compter sur un sursaut de l’histoire.
La seconde fois où l’image s’impose, c’est aujourd’hui.
Face à la multiplication des conflits dans notre monde, aux discours simplistes et brutaux de quelques puissants qui font le lit d’une idéologie funeste, les clignotants de l’humanité s’affolent.
Alors cette image de « Rencontre » est repassée sur le dessus de ma pile, et je vous la propose aujourd’hui, comme une piqure de rappel. Je suis bien conscient qu’elle ne va pas changer le monde, mais elle nous redit que la mémoire, le respect et la créativité sont nos meilleurs atouts pour un mieux vivre ensemble.