Sous le toit du château, les fermes de la charpente se succèdent dans un alignement parfait. Les poutres en bois de chêne ont été assemblées il y a plus de cinq siècles ! On ne peut qu’admirer la maîtrise des artisans. Cette perspective à travers la structure éclaire l’histoire et, en même temps, a tendance à nous aspirer.
Quand je montre cette photo, sans en dévoiler le titre, les gens mettent des fois un peu de temps à comprendre de quoi il s’agit. Ça m’amuse.
En visitant cette magnifique salle sous les toits, je fais quelques photos « documentaires », pour le souvenir, ce qui m’ennuie vite. Alors, comme souvent, je m’égare intentionnellement pour essayer de trouver un point de vue plus personnel dans cette magnifique ossature de bois. Je désire élaborer une image qui ne soit pas une simple représentation mais qui puisse exister par elle-même.
Dans un recoin un peu oublié des visiteurs, une forme triangulaire qui se répète devient mon sujet. Un cadrage précis, serré, des lignes faites d’ombre et de lumière, une texture riche, je tiens mon cliché.
Pas sûr qu’elle dure cinq cents ans ma photo ! Ce n’est pas grave. En la réalisant, j’ai simplement eu l’impression d’ajouter ma toute petite touche de vie à l’histoire qui s’écoule, en quelque sorte de jeter une forme à la mer. Si vous vous aventurez dans cette image, peut-être allez-vous vous laisser happer par ce triangle… Et j’espère ne pas disparaître.
Château d’Azay-le-Rideau – Août 2014