Déambulant sur l’esplanade du port de Carthagène, j’aperçois au loin cette statue qu’un jeune enfant cherche à escalader. Sans me poser plus de questions je m’approche et déclenche machinalement parce que, manifestement, il se passe quelque chose entre l’enfant et le personnage. Quelques secondes plus tard l’enfant disparaît…
Je prends alors le temps d’observer la sculpture. C’est un homme nu, assis, recroquevillé sur lui-même, dont le visage exprime une tension extrême et une douleur immense. Il s’agit d’une œuvre en bronze du sculpteur espagnol Victor Ochoa intitulée « El Zulo » (La Cache) commandée par la ville de Carthagène pour rendre un hommage solennel à toutes les victimes du terrorisme.
Je croyais avoir simplement photographié le jeu d’un enfant qui grimpe sur un monument. En fait, j’ai saisis l’instant où l’enfant récupère un des doudous qu’il avait confié, pour lui faire un câlin, au personnage souffrant. Un cadeau spontané, à la mesure de l’enfant, comme une consolation.
Une œuvre possède toujours une dimension émotionnelle et esthétique, conçue pour susciter une réaction. Loin d’être irrévérencieux, l’enfant montre à sa façon combien il comprend le travail de l’artiste et le prolonge en s’en emparant affectivement.
Merci Monsieur Ochoa.
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L’Enfant et la Sculpture – Carthagène – 8 octobre 2026